Pour cette deuxieme séance de la mode au liban, j' ai choisi de vous faire rencontrer quelques créateurs de la mode….Comme vous allez pouvoir le lire, le Liban est un pays résolument ouvert à la mode……
NAJI HOJEILY
Toutes les marques de Haute Couture ont une signature : Naji Hojeily
Le jeune créateur Libanais sort une collection de robes de soirée, robes de mariage, tailleurs, des pantalons de costumes conçus pour faire rayonner les femmes en toute confiance. Sensuel, avangardiste, révélateur, charmeur, sont les qualificatifs qui expriment le mieux la signature Naji Hojeily. Ici le transparent sublime le textile pour en faire une émotion, une façon de vivre.
Changeons de style avec……
Pierre KATRA
La société Pierre Katra - haute couture a été
créée en 1965 à Beyrouth, Liban par M. Pierre
Katra président du Conseil de Direction. Longtemps spécialisé dans le design de
mode à Paris, Pierre Katra a généré d'énormes affaires
pour les Reines et Princesses des pays arabes
tels que l'Arabie Saoudite, le Koweit, le Qatar,
la Jordanie et le Liban. Des années de création, une vie consacrée à la haute couture, et des responsabilités en tant que président du syndicat de la haute couture libanaise, Pierre Katra est devenu au fil des années un élément incontournable du paysage de la haute couture au Liban..et donc dans la région...
Suivant leurs humeurs, Pierre et Hadi Katra déferlent leurs créations sur les plus beaux matériaux et textiles, où l'on sent vibrer les étoffes dans un mélange subtil de couleurs chaudes. C'est la mousseline qui côtoie le taffetas, la broderie qui séduit la dentelle, les cristaux qui enchantent le satin, les boutons de roses qui s'accrochent au shantung...
Charmé, on capte les détails, on admire le tombé d'une veste, le souffle d'une jupe, l'allure d'une robe. Des robes élégamment sensuelles, scintillantes comme des filaments de lumière...
C'est l'éternelle Haute Couture qui rend hommage à la femme source de beauté et d'inspiration.
Pierre Katra nous explique son métier, nous parle de son atelier de couture de sa passion, de ses debuts et des gens a qui ils s adressent…..
Pierre Katra : “C'est un atelier de couture qui regroupe plus d'une quarantaine d'employés entre dessinateurs, brodeurs, et couturiers. Je l’ai créé il y a trente ans environ, après avoir étudié et travaillé en tant que styliste modéliste à Paris…Le Liban a toujours été le pionnier de la mode au Moyen- Orient .
Reflétant le goût raffiné et le savoir-faire, il est symbole de la Haute
couture dans la région. A lui seul il compte probablement plus de maisons de création que tous les autres pays réunis, cela vous donne une idée de l’effervescence de notre secteur. J'ai été le premier a faire des défiles au Liban durant plusieurs années. Depuis peu, je prépare mes collections, et les présente en privé ou dans des émissions télévisées. Ma clientèle est variée, du Liban et des pays Arabes. Les Libanaises sont toujours a la pointe de la mode, mais la plus grande partie de mes clientes sont a l'étranger. J'ai fait mes études de stylisme a Paris. Et après un stage de deux ans, j'ai fondé mon propre atelier qui dure jusqu'aujourd'hui et j’espère pour encore longtemps !! »
Et chose incroyable, au pays du cédre il y a un syndicat de la haute couture libanaise…..
Pierre KATRA “Le rôle du syndicat est de rassembler les couturiers, et les unir afin de promouvoir la mode Libanaise, et de conserver le niveau de la haute couture. Il n’y a que par ce biais que nous parviendrons à nous maintenir notre rang face aux autres grandes places de la haute couture mondiale.”
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Si vous avez loupe cet été la semaine de la mode, et bien sachez que bons nombres de couturiers libanais étaient present a Paris pour présenter leurs collections automne hiver 2008: Zuhair Murad, Georges Chakra, Basil Soda et Dany Attrache, ou encore Elie Saab
Avant de se quitter rencontre avec la petite dernière Lara, le même prénom que ma femme…Petit retour en arrière…..
Lara Khoury
Nous sommes au mois de mai…Le soleil tape fort dehors, il fait plus de 35 degrés…A Beyrouth ont lieu des affrontements entre deux clans rivaux, d un côté les musulmans chiites du hezbollah et de Amal, de l' autre les sunnites de Hariri…..Alors que la désobeissance civile regnait dans Beyrouth….et que les medias francais parlaient d' une guerre civile (mdr)….A quelques kilometres de là donc , dans le salon d une maison traditionnelle libanaise au toit de tuiles rouges, quatorze jeunes filles, mannequins, achèvent de se préparer pour le tout premier défilé de mode de la jeune créatrice Lara Khoury. Toutes arborent des cils démesurément longs et des coiffures vaporeuses, et semblent tout droit sorties d’un tableau de Gustav Klimt. Dans le vaste jardin de la maison, sept toiles du peintre autrichien sont d’ailleurs exposées en vue d’un défilé plutôt original, comme l’ont constaté les invités une fois l’événement lancé : les mannequins, au lieu de marcher le long d’un podium, prennent la pose, chacune à leur tour pendant quelques minutes, à l’intérieur de cadres de bois disposés sur la pelouse. Les spectateurs sont invités à déambuler autour des cadres pour admirer ces tableaux vivants, et découvrir ainsi les robes de Lara Khoury. A 23 ans, pour sa première collection, la jeune libanaise s’est donc inspirée de Gustav Klimt: « J'adorais observer ses toiles, exposées sur les étalages des vendeurs de tableaux des bords de Seine à Paris », se rappelle-t-elle. Parmi les 21 modèles de sa première collection de « Prêt à Couture », un concept comme son nom l’indique à mi-chemin entre le prêt-à-porter et la haute couture, nombreux sont ceux dont l’étoffe arbore des ronds et des formes géométriques qui rappellent le style du peintre symboliste.
On entend souvent les créateurs raconter que leur passion pour la couture date de leur petite enfance. Mais jusqu’à son bac, Lara Khoury hésitait encore entre étudier le design ou se lancer dans la photographie. Elle choisira finalement d’entrer à l’école de design ESMOD, à Paris. Trois ans plus tard, à 21 ans, elle entre chez Elie Saab. Elle passera un an dans les ateliers du plus célèbre des couturiers libanais. Mais ce que veut Lara, comme beaucoup de jeunes, c’est travailler avec son propre style. « C’est pour ça que je ne tiens pas à rester chez un couturier donné », explique cette jeune femme moderne à l’allure réservée. Elle a donc tenté le tout pour le tout pour parvenir à lancer sa propre maison. En commençant par monter sa première collection. Cette collection a été préparée pendant les cinq mois de 2008. Cinq mois à travailler dans l’atelier de la boutique Pedetou de sa tante à Batroun. Elle y fabrique chacune des robes présentées lors de son défilé. Quand on évoque avec elle la possibilité de se rendre à Paris ou à Milan pour y présenter ses collections en marge du calendrier officiel des différentes Fashion Weeks, elle sourit et répond que ce sera pour plus tard, parce que cela représente un budget faramineux… Sa première collection et son défilé ont quant à eux été financés par son père. D’abord sceptique, ne comprenant pas très bien l’étendue du projet de sa fille, il est aujourd’hui « très fier du résultat », confie Lara, dont le projet aura coûté au total environ 20 000 dollars. « Maintenant, je cherche à ouvrir mon propre atelier et ma propre boutique pour présenter chaque année un défilé », annonce-t-elle. Sa maison a déjà un nom, ilk, pour "Inspired by Lara Khoury".
A bientôt peut-être…..
Michael Vallet.
Propos recueillis pour Pierre Katra par Yann Rotil et pour Lara Khoury propos recueillis par Élodie Morel Lebbos.